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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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Sous le choc

jeudi 5 avril 2018

Une dame est assassinée chez elle, à Paris, dans des conditions particulièrement sordides. Comme la dame est juive, journaux, télés et radios, tous en chœur, y vont de la phrase rituelle : « La communauté juive est sous le choc. »

Il est vrai que si on n’est pas juif, on ne voit pas ce qui pourrait émouvoir dans l’assassinat d’une personne seule de 85 ans recevant onze coups de couteau et dont les meurtriers tentent ensuite de brûler le corps. Et tout cela, peut-être, uniquement parce qu’elle est juive.

C’est comme ça désormais. L’émotion est à son tour un territoire aux frontières ethniques ou religieuses. Si on assassine un prêtre, c’est le monde chrétien qui est « sous le choc ». Si c’est l’habitué d’une mosquée, c’est le monde musulman qui est « sous le choc », et ainsi de suite.

En toute logique journalistique et communautaire, moi qui n’ai pas de religion je ne devrais être « sous le choc » que lorsqu’on assassine des mécréants. Mais comme il n’est jamais précisé que tel ou tel trucidé était non-croyant, toute émotion m’est donc épargnée. Je ne suis jamais « sous le choc ».

[Repris du blog de Floréal.]