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Résumé de la seconde session du procès des compagnons Mónica et Francisco

jeudi 10 mars 2016

Tout au long de la journée de mercredi 9 mars s’est déroulée la seconde session du procès contre Mónica et Francisco, des compagnons accusés d’appartenance à une organisation terroriste, destruction, blessures et conspiration, charges pour lesquelles le parquet demande 44 ans de prison chacun.

Tandis que se déroulait la session dans la salle 4 de l’Audiencia Nacional, un groupe de personnes solidaires s’est rassemblé à l’extérieur, criant des slogans de soutien qui ont pu être entendu par les compagnons à l’intérieur de la salle.
Si l’audience de mardi s’est focalisée sur les déclarations de Mónica et Francisco et des témoins (policiers et témoins) que le parquet a présenté, la session de mercredi a démarré avec les témoins appelés par la défense pour passer ensuite aux déclarations des experts.

Les 4 témoins que la défense a présenté ont confirmé les déclarations qu’ils avaient donné sur le moment à la police, c’est à dire qu’aucune des caractéristiques qu’ils ont décrites ne correspondent à Mónica et Francisco.
Les témoins des experts (tous policiers) qui ont été convoqués par le parquet se sont concentrés sur plusieurs aspects :

Le danger de l’engin explosif : les policiers qui ont fait leurs déclarations (policiers, scientifiques, démineurs) ont suivi la même ligne dans la volonté d’exagérer le danger de l’explosion et la possibilité de provoquer des blessures. Ils ont voulu appuyer scientifiquement cet argument à partir d’une étude théorique de l’impact d’un engin contenant 3 kg de poudre noire à ciel ouvert. Cet argument a été réfuté par la défense car si le dossier parle d’une charge qui ferait entre 2 et 3 kg et que le communiqué de revendication de l’action décrit l’utilisation de 2 kg de poudre, les rapports se basent sur le critère théorique de 3 kilos, ce qui nous donne une preuve des intentions de la police.

Les analyses anthropométriques : ces rapports comparent des images de Francisco et Mónica tirées d’internet (sans savoir si elles ont été trafiquées ou pas) [NdT : d’où l’intérêt de ne pas en rendre disponible !] avec des images de la caméra de surveillance du métro de Barcelone. Ils concluent par de fortes probabilités de coïncidence en ce qui concerne Francisco, et une probabilité moindre pour Mónica. Il faut signaler aussi qu’aucune des deux personnes ayant fait ces déclarations n’a de diplôme en expertise anthropométrique. L’intervention de la défense a permis de mettre en avant la faiblesse du système informatique utilisé, qui ne peut que faire apparaître des probabilités mais ne peut pas établir des identités sans l’ombre d’un doute.

Appartenance à une organisation terroriste : l’argumentation policière se base sur le fait de considérer la FAI-FRI, le GAC et le Commando Insurrectionnel Mateo Morral comme faisant partie d’une même organisation terroriste. Les policiers qui ont fait le rapport sur la FAI-FRI comme organisation terroriste ont signalé qu’elle est considérée comme telle dans une ordonnance européenne de 2001, mais ils ne savaient pas que depuis 2009 elle n’est plus considérée comme organisation terroriste dans la même ordonnance. De plus, ils citent dans leurs rapports plusieurs procès menés contre la FAI-FRI dans des pays européens. Suite à une question qui leur demandait les sources consultées au sujet de ces procès, ils ont répondu qu’ils les avaient obtenues à partir de sources ouvertes (internet, la presse), et non pas d’organismes officiels (tribunal, police, etc.). Afin d’établir un lien entre la FAI-FRI et les GAC ils prétendent que ces derniers ont répondu à l’appel à l’action directe, la solidarité et le soutien mutuel qu’a lancé la FAI-FRI. Afin d’ affirmer que les GAC sont une organisation terroriste la police propose l’argument de la temporalité : ils signalent que c’est à la suite du premier communiqué des GAC que se réalise la première action coordonnée dans l’État espagnol. Dans la description qu’ils font du fonctionnement des GAC ils précisent qu’il y a un leadership informel. Ils signalent aussi comme indices de l’appartenance de Mónica et Francisco à une organisation terroriste les différents communiqués internationaux de solidarité avec eux, comme par exemple ceux qui se sont réalisés à partir de l’appel à un « décembre noir » ; ils mentionnent aussi le texte solidaire de Mónica dans le livre « Mapeando el fuego » alors qu’avait lieu le procès du Caso Bombas au Chili.

Enfin, dans la session de l’après-midi l’expert médical a témoigné, en citant le cas de la femme blessée, pour laquelle il certifie principalement des séquelles psychologiques.

La journée s’est close avec les deux policiers chargés de l’expertise des empreintes digitales et de l’ADN, qui certifient n’avoir rien trouvé sur les lieux (sur les restes de l’engin explosif et sur la cabine téléphonique utilisée pour faire l’appel d’alerte à la bombe).

Jeudi sera le dernier jour du procès contre les compagnons. On s’attend à ce que la défense demande leur « remise en liberté » en attente de la sentence, qui sera rendue dans un mois.

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario.]

Voir aussi :
- Résumé de la première session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar
- Résumé de la seconde session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar
- Résumé de la troisième et dernière session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar

- Solidarité avec les anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar.