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Italie : « La rage entre les dents et le sourire sur les lèvres »

jeudi 3 novembre 2016

« Lorsque les foules subissent les gouvernements, végétant dans la paix sainte et honteuse de leur propre résignation, l’individu anarchiste se dresse contre la société, parce qu’entre elle et lui la guerre est éternelle et ne connaît pas de trêve, niais quand à un détour de l’histoire il croise la foule en révolte, il hisse son drapeau noir et, avec eux, lance sa dynamite. L’individualiste anarchiste s’avère dans la Révolution sociale, non un démagogue, mais un élément démolisseur, non un apôtre, mais une force vive, agissante, destructrice… »
Renzo Novatore, 1919.

Le matin du 6 septembre 2016, sur ordre d’un juge d’instruction, les chiens de la DIGOS de Turin (services de renseignement – police politique italienne) ont fait irruption chez une trentaine d’anarchistes dans différentes villes du pays, avec des mandats de dépôt pour 7 d’entre eux. Deux étaient déjà en prison pour l’attaque contre le dirigeant d’Ansaldo Nucleare, une entreprise qui fait partie des principaux acteur de l’industrie nucléaire en Italie. Un huitième compagnon a été arrêté suite à la découverte de matériel électrique au cours de la perquisition de son domicile. Cette opération, surnommée « Scripta Manent » n’est que l’énième manœuvre policière contre les anarchistes en Italie, depuis l’opération Marini des années 1990. Prison préventive, perquisitions, filatures, micros dans les voitures et les appartements et interceptions environnementales sont les instruments mobilisés par l’État dans ces opérations anti-anarchistes. Les inculpés ont été placés dans différentes prisons éparpillées sur le territoire national et soumis au régime d’isolement, avec censure sur la correspondance et l’interdiction de rencontre. Debut octobre Alfredo Cospito et Anna Beniamino ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur condition d’isolement. Ils y ont mis fin le 22 octobre, suite à la satisfaction de leur revendication, la fin de l’isolement.

Ces compagnons sont accusés d’avoir formé une « association subversive avec finalité terroriste » qui aurait réalisé plusieurs attaques ou tentatives d’attaque, avec des armes et des explosifs, contre des flics, des casernes, des dirigeants et des structures d’entreprises (une entreprise du nucléaire, un journal, une société immobilière impliquée dans la restructuration d’un Centre de Rétention Administratif), des hommes d’État et le directeur d’un centre d’enfermement pour personnes sans papiers. Des attaques qui eurent lieu entre 2005 à 2012 et qui ont toutes été revendiquées par des sigles anarchistes de groupes adhérant au projet de la Fédération Anarchiste Informelle- Front Révolutionnaire International (FAI-FRI).

Accusés de renvoyer au pouvoir un peu de sa violence quotidienne, celle qui s’exerce constamment sur des millions de personnes et qui garantie l’existence d’un ordre basé sur l’autorité et l’exploitation. La violence des frontières, de l’empoisonnement de la terre, du travail, de la guerre et de la terreur, du contrôle policier, du totalitarisme technologique et médiatique, de tout forme d’enfermement et de domination. La même violence qui s’acharne contre ceux qui osent lever la tête et se rebeller, individuellement ou collectivement, défiant la loi et l’ordre social.

L’innocence et la culpabilité sont des critères que nous laissons volontiers aux charognards de l’État. Nous partageons avec ces anarchistes arrêtés l’amour pour la liberté et la haine pour le pouvoir. Nous partageons avec eux l’idée qu’une révolte violente et destructrice est nécessaire face à la violence quotidienne du pouvoir. Nous partageons avec eux la conviction qu’il est possible d’agir, ici et maintenant, contre les responsables de l’oppression. Sans compromis et sans rechercher à tout prix le consensus de la masse citoyenne.

Solidarité avec Anna, Marco, Sandro, Alfredo, Danilo, Valentina, Nicola et Daniele !

[Tract diffusé pendant le week end de solidarité avec les prisonniers de la guerre sociale.]