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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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«  Eux  » les juifs, «  chouchous de la République  »

samedi 4 décembre 2021

«  S’il n’y a pas cette réciprocité dans la reconnaissance des mémoires, ça ne sera pas possible. Puisque ça fait des juifs les chouchous de la République, ça crée des concurrences entre les communautés, ça fait des juifs des cibles des autres communautés, et c’est ce qui explique précisément pourquoi des Mohamed Merah ciblent des juifs.  »
Houria Bouteldja, Lieu Dit, jeudi 17 mars 2016.

«  Le philosémitisme, ça s’use.  »
Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous, p. 63.

Qui pensait encore il y a peu devoir faire l’exégèse d’un discours radicalement antisémite situé à l’extrême gauche  ? Ce qui s’énonce et la complaisance avec laquelle certains y prêtent l’oreille – ou font semblant de ne pas entendre – rend cette entreprise, aussi déplaisante qu’incongrue, absolument nécessaire. On nous parle ici, en étant content de son expression minable, des «  juifs chouchous de la République  ». Sous l’onomatopée débilitante ne se cache même pas un antisémitisme qui n’attend pas grand-chose pour devenir explicite. Jalousie de cour d’école appuyée sur cette ignoble conception du «  philosémitisme d’État  » qui reconduit la conception passée des juifs comme «  peuple classe  » et justifie l’antisémitisme, parfois qualifié de «  de classe  », ou «  édenté  », comme elle l’assume dans son livre [1]. Les chouchous, ceux qui ne le sont pas ont toute légitimité à les haïr. Quoi qu’il y paraisse, tout le monde sait bien d’ailleurs que si les chouchous sont haïssables, c’est aussi parce qu’ils font évidemment tout pour acquérir et maintenir ce statut. La boucle est bouclée, chouchou, c’est privilégié, mais en pire, les «  Juifs  » sont bien encore plus «  blancs  » que les «  Blancs  ».
La suite ne manque pas d’intérêt, quand on est chouchou, on devient une cible. Voilà des relations intéressantes. Maintenant on est grand, foin de sarbacane, fini les boulettes, «  les chouchous de la République  », on les dégomme à la kalachnikov. Et Bouteldja de citer Mohamed Merah  : faut pas venir s’en plaindre  ! Qui pourrait bien aimer des chouchous, qui se solidariserait avec un chouchou, qui même se sentirait du commun avec lui  ? Elle qui disait déjà subtilement juste après les meurtres de Toulouse «  Mohamed Merah c’est moi, et moi je suis lui  » [2]. La jalousie de cour d’école devient la justification des assassinats, et des attentats  ; parce que ce qui vaut pour Merah vaut aussi pour l’Hyper Casher  : à force de se faire chouchouter, pas étonnant qu’on en crève. Ce qualificatif des «  juifs chouchous de la République  » est donc radicalement antisémite.
Qu’est-ce que c’est que ces «  chouchous  » qui en sont passés par être déchus, spoliés, parqués, enfermés, traqués, déportés, fusillés, torturés et livrés aux nazis par l’État français avant d’être ainsi «  chouchoutés  » aujourd’hui  ? Contre les chouchous, le commun des «  indigènes  » est posé, c’est celui d’un panarabisme rénové au panislamisme (sur le modèle frériste), de la race, et de l’antisémitisme.

[Intersection n°2 de La race comme si vous y étiez  ! Une Soirée de printemps chez les racialistes, sans éditeur, automne 2016.]


[1Cf. Parcours de lecture, p.185, dans ce livre.

[2Intervention de conclusion du «  Printemps des quartiers  », à Bagnolet en 2012, par Houria Bouteldja intitulée « Mohamed Merah et moi  », vidéo et transcription en ligne. Dans cette intervention et selon un procédé pervers dont elle est coutumière elle souffle le chaud puis le froid, de la justification et l’identification on passe à la dénégation, la condamnation, des menaces on en vient à un jeu d’étrange normalisation sur le registre d’une pacification qui persiste à inquiéter, comme si les dernières paroles effaçaient les premières.