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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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Espagne : Après 30 ans de taule, Gabriel Pombo da Silva est enfin dehors ! Mais toujours pas libre…

dimanche 12 juin 2016

« L’anarchisme concerne l’individu, pas seulement face à la collectivité, ni face à lui-meme. L’anarchisme ne concerne pas le citoyen, mais l’homme. »
Albert Libertad.

Chere-e-s compagnon-ne-s,
Finalement, après de nombreux coups bas et manœuvres de l’administration pénitentiaire et du ministère de l’intérieur, ils ont fini par être obligés de respecter leurs propres lois, que d’ailleurs ils ne respectent jamais, et me voilà enfin libre, rédigeant ces premiers mots de gratitude et d’amour envers tous ceux et celles qui durant ces 30 dernières années m’avez accompagné et réconforté dans mes propres convictions anarchistes, mettant en œuvre des valeurs et principes de l’anarchisme aussi basiques que le soutien mutuel et la solidarité et qui finalement ont réussi à m’arracher des griffes de la bête carcérale, que je continuerai de combattre hors des murs, sans oublier évidement le combat qui se mène à l’extérieur, car pour moi il n’y a quasiment pas de différence entre un système et l’autre.

J’ai tout à fait conscience que malgré tout ça j’ai été privilégié pour avoir compté sur le soutien de compagnon-ne-s, car nombreux sont ceux qui ne bénéficient pas de cette possibilité. Dans les prochains jours nous sortirons d’autres communiqués en abordant des sujets plus spécifiques concernant notre mouvement et les stratégies possibles que nous devons développer pour assainir l’anarchisme révolutionnaire de nos aînés de tout institutionnalisme et comportement d’autruche. Je veux assurer aussi que jamais je n’oublierai nos compagnon-ne-s libertaires emprisonné-e-s dans l’État espagnol et dans le monde, particulièrement Mónica et Francisco, Claudio et la dernière compagnonne arrêtée qui sera bientôt extradée dans l’État allemand, et j’en oublie beaucoup.

Il reste encore beaucoup à faire, c’est certain, mais bien évidemment ça ne restera pas inaccompli par manque d’envie, d’espoir et de détermination. Je ne vais pas parler des mesquineries de l’administration pénitentiaire qui a essayé d’empêcher ma sortie. Tout ça nous le documenterons avec des papiers officiels, dans lesquels on voit clairement le côté grossier et bâclé de l’administration judiciaire de ce pays. Je suis libre, et visiblement, d’ici 45 jours ils vont essayer de m’emprisonner de nouveau, et ils lâcheront de nouveau leurs chiens. Évidemment je ne me livrerai pas et je ne participerai d’aucune façon à une quelconque sortie négociée avec la « vermine », par conséquent, je suppose que je n’ai pas d’autres solutions que de continuer comme toujours à lutter dans l’ombre, soutenant ces processus et projets anti-autoritaires que je considère nécessaire de promouvoir, soutenir, par tous les moyens à ma disposition dans la clandestinité qu’ils m’imposent.

Nommer toutes les personnes et organisations qui durant toutes ces années m’ont soutenu serait impossible, parce qu’il y en a trop. Sachez seulement que vous pouvez compter sur moi, hier, aujourd’hui et pour toujours, pour l’anarchisme et la révolution sociale. Depuis un endroit hors des murs aujourd’hui, je salue tous mes frères et sœurs en Amérique Latine et dans le sud de l’Europe, en comptant bien sur le fait que nous nous rencontrerons sur ce chemin et projet d’émancipation que sont nos vies en lutte.

Gabriel Pombo da Silva.

[Traduit de l’espagnol de nodo50.]


Pequeño poema, la versión mejorada la tiene Mónica en su celda

ACTO I (Presentación)

Descubro en cada astro un pedazo de mi yoedad primigenia : Agua, oxígeno, hidrógeno ; minerales y aminoácidos…

Ser marino, reptiliano, mamífero ; homo sapiens sapiens : polvo de estrellas

Hombre negador del rebaño y su moral esclava. Asesino de dioses. Dios eterno a mi vez ; hermano de únicos. Ares dios de la guerra, Giordano Bruno y Nietzche.

Poeta y expropiador de una larga estirpe : Renzo Novatore, Severino di Giovanni, Durruti y Sabaté.

Sentenciado a muerte como Agustín Rueda y Puig Antich. Sangre de herejes y blasfemos.

¡No habléis conmigo niños y niñas ! ¡No habléis con quien os recomienda sufrir y acoger amorosamente el dolor como parte del proceso y la experiencia que nos liberta !

Somos polvo de estrellas…partículas de ésta inmensidad maravillosa. Nada nos detiene, morimos y vivimos generando supernovas.

Hermano insecto, líquenes de la tierra, terremotos. Cuerpos que se constituyen para adaptarse a su hábitat…

¡Qué irónico que una mala interpretación en las lecturas de Platón y Aristóteles diesen como resultado que la especie que se proyecta hacia afuera en sus culturas, se sometiese voluntariamente a sus ficciones metafísicas !

¡¡Gusano inmundo el hombre que tolera la piedad y se arroja a los brazos de los magos y teólogos buscando su salvación !!

No hay “salvación”, sino oxidación, muerte, fase vital. Ni siquiera exhorto a nadie : mi nihilismo destructor ha creado un monstruo

Veo con ojos reptilianos, actúo como un felino, soy el búho nocturno y el toro que reclama su territorio.

Mañana…niño…si llegas a viej@ por la senda de la guerra y la tensión, tendrás dos soles encerrados en tus pupilas. Tus esporas germinarán otras flores del mal.

Ése es todo el sentido ; poesía amor y muerte.

ACTO II (Conclusión)

Desde ésta altura puedo verle a los ojos a todos mis ancestros. Os agradezco el legado, y a ti, madre, mi carne, mi estirpe de bárbaro incivilizado.

¿Y ahora qué ? He aprendido a hablar una lengua que nadie conoce. He aprendido a derrotar Titanes de indoctrinación milenaria.

Hablo con los astros más que con los hombres. Hablo con los muertos más que con los vivos. Sólo me falta ser lobo que vaga por la montaña aullando a la luna llena.

Quiero dejar de hablar. Ser nada que estimule entrañas. Miradas salvajes. Cuerpos que se entrelazan. Bocas que sólo sirven para besar. Cuerpos que se deshacen amando ésta nada creadora de eternidades.

Las palabras no sólo abren caminos sino los cierran.

Gabriel