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Bal tragique à Grenoble et Nantes : Indymedia a reçu un mail

Et la foule de se demander : « Y avait-il un accusé de réception ? »

vendredi 22 septembre 2017

Un entrepôt adjacent à la caserne de gendarmerie de Grenoble a été incendié ce jeudi 21 septembre vers 3h du matin. Le garage et l’entrepôt de 2000 m² ont été ravagés par les flammes ainsi qu’une trentaine de véhicules. L’action a été revendiqué par "des nocturnes", d’abord sur Indymedia Grenoble. Cette attaque a eu lieu au deuxième jour du procès de la voiture qui avait été incendiée le 18 mai 2016 Quai de Valmy par des manifestants contre la loi travail. Il y a neuf accusés, dont 2 sont toujours détenus et un Suisse sous le coup d’un mandat d’arrêt. L’action a été revendiquée en solidarité avec Kara Wild et Krem, ainsi qu’avec Damien Camelio qui a récemment été tabassé par des policiers.


N’était déjà plus en reste quiconque suivait la ligne éditoriale des chapitres nantais et grenoblois du fier media indépendant Indymedia (réduit à l’état de blog personnel appartenant à quelques militants post-modernes faute de concertation), qui, comme ils le rappellent eux-mêmes, avait peut être son sens et son utilité pour des franges altermondialistes de la contestation lors du sommet contre l’OMC de Seattle en 1999, et pourtant… Ce qui suit se passe de mots :

Communiqué : après Indymedia Linksunten, Indymedia Grenoble et Nantes sont victimes de l’antiterrorisme

Lors de la nuit de jeudi 21 septembre, à trois heures du matin, un incendie a ravagé un hangar de la gendarmerie de Grenoble, ainsi que la cinquantaine de véhicules qui s’y trouvaient.

À treize heures, un article de revendications est publié sur Indymedia Grenoble.

Quelques heures plus tard, l’équipe du site reçoit, par personnes interposées, un courriel de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) la sommant de retirer le contenu du-dit article pour « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ».

Cette requête, qu’a aussi reçu Indymedia Nantes fait directement écho à l’attaque qui a eu lieu en Allemagne le 25 août dernier contre Indymedia Linksunten, attaque qui s’est soldée par la perquisition de quatre domiciles et un centre social autogéré, et ce pour des prétextes similaires.

Le ministre de l’intérieur allemand parlait alors de publications « contraires à l’ordre constitutionnel », et considérait les membres d’Indymedia Linksunten comme « membres d’une association terroriste ».

Nous avons plié à cette demande directe des bureaux de police. […]

La suite de ce communiqué surréaliste est lisible sur Indymedia Grenoble, elle ne contient quoi qu’il en soit aucune espèce d’explication sérieuse de cette dernière affirmation. A croire que ces explications seraient inavouables, ou bien que cette décision ne nécessiterait pas plus d’explications. Le communiqué d’Indymedia Nantes est comme toujours pire encore. Qu’il en soit ainsi. Parce que continue de vivre la solidarité avec les inculpés de l’incendie de la voiture de flics actuellement en procès à Paris, on pourra bien heureusement encore lire le communiqué de revendication en question, par exemple sur Indymedia Lille, mais… ont-ils reçu un mail ?

Hate the media, don’t become the media.
Et sa variante : Fuck all medias, even indy medias.

P.-S.

Le mail :

Date : Thu, 21 Sep 2017 20:00:34 +0200
From : DCPJ SDLCODF OCLCTIC LISTE interieur.gouv.fr>
To : abuse@indymedia.org
Subject : [OCLCTIC] - Notification demande de retrait de contenus illicites

Bonjour,
L’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) a constaté la présence de contenus qui contrevient aux dispositions de l’article 421-2-5 du code pénal : provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes.
Ces contenus sont visibles aux adresses suivantes : /
/T2017092108623//- https://grenoble.indymedia.org/2017-09-21-solidarite-incendiaire
Des éléments techniques laissent à penser que vous êtes l’hébergeur des contenus.
En conséquence, et conformément à l’alinéa 1 de l’article 6-1 de la L.C.E.N, nous vous demandons de retirer ces contenus.
En l’absence d retrait de ces contenus dans un délai de vingt-quatre heures, nous pourrons mettre en œuvre les procédures de blocage et de dé-référencement prévues par les textes suivant :
- Article 6-1 de la loi N°2004-575 du 21 juin 2004 modifiée pour la confiance dans l’économie numérique, tel que modifié par l’article 12 de la loi N°2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme
- Décret N°2015-125 du 5 février 2015 relatif au blocage des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique
- Décret N°2015-253 du 4 mars 2015 relatif au dé-référencement des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique/
Merci de votre coopération.


Et le (fameux) communiqué :

Solidarité incendiaire

Ce jeudi, à trois heures du matin, deuxième jour du procès de la voiture brulée.

Avons pénétré dans la caserne de gendarmerie Vigny-Musset. Avons incendié 6 fourgons d’intervention et deux camions de logistique. Le garage et l’entrepôt ont été ravagés sur plus de 1500 mètres carrés.

Cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci.

Forte accolade à Kara et Krem.

Une pensée pour Damien, récemment tabassé par les flics.

Quel que soit l’issue du procès, on continuera à s’en prendre à la police et à la justice.

Notre hostilité est un feu qui se propage.

Des nocturnes.