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Allemagne : Entre filatures, perquisitions et recrutement d’indics

mercredi 5 juillet 2017

Dans la matinée du 21 juin 2017 dans le quartier « Eimsbüttel » de Hambourg, une personne a été suivie à distance et abordée par un flic en civil du service de « protection de la constitution » [services secrets].


L’agent de protection de la constitution a tenté d’établir la confiance en se faisant passer pour une connaissance. Il a appelé la personne par son nom et a insisté sur le fait qu’il connait la personne en raison de son activité dans le « contexte PKK ». Puis il s’est présenté en tant que collaborateur des services de protection de la constitution et a montré sa carte de service, sur laquelle était inscrit le nom « Mirko Pajic ». A la suite de quoi l’agent a tenté d’aller plus loin dans la discussion avec elle. La personne abordée a refusé de lui parler, ce que l’agent n’a pas accepté tout de suite.

Ce n’est que lorsque la personne abordée a sorti son portable que l’agent a mis fin à sa tentative d’approche et qu’il est parti.

Le prétendu « Mirko Pajic » fait environ 1m70, est dégarni à l’arrière de la tête, a entre 35 et 45 ans et portait un tee-shirt bleu foncé et un jean.

Concernant la deuxième tentative d’approche, il n’y a aucun renseignement détaillé mais on sait seulement que cela a un lien direct avec l’organisation du contre-sommet du G20 et que la personne approchée ne s’est pas engagée dans la discussion.

Au cas où vous auriez été vous-même dans une situation similaire, refusez toute discussion et rendez cette tentative publique.

Aucune discussion avec les organes de la répression !

[Traduit de l’allemand de linksunten, 1. Juli 2017]


A l’approche du sommet du G20, les contrôles à la frontière entre les Pays-Bas et l’Allemagne (notamment dans la région de « Groningen ») ont été renforcés. La presse néerlandaise en fait état dans leurs éditions du vendredi 30 juin, afin de distiller la peur sur celles et ceux qui chercheraient à rejoindre Hambourg et à se joindre aux protestations.

Hambourg : perquis’ et expulsion du camp anti-G20

Hambourg, 28 juin 2017 : à 7h30, deux personnes ont eu leur domicile respectif perquisitionnés par les flics. Les espaces de la « Roten Aufbau » n’ont pas non plus échappé à ces intrusions policières. Les flics brandissent le § 140 Abs 2.* pour justifier ces trois perquisitions sur le plan juridique. Des manifs sauvages anti-répression ont eu lieu dans la foulée, réunissant plusieurs milliers de personnes et de flics.

*Ce texte de loi punit toute glorification, récompense et/ou approbation de délits visant à perturber la paix publique tenue sur l’espace public, par écrit ou par la parole

Dimanche 2 juillet vers 23h, le camp pour la semaine de lutte contre le G20 a été expulsé par la police. Une personne a dû être hospitalisée. Flics et autorités continuent à mettre la pression et à épuiser celles et ceux qui luttent.

***

Rostock : Un compagnon en détention provisoire pendant le G20

Dans la soirée du 1er juillet à Rostock, deux compagnons ont eu leurs domiciles perquisitionnés par les flics. Ces intrusions policières ont été ordonnées par les tribunaux cantonaux de Hambourg et de Rostock par « prévention des risques » (Gefahrenabwehr). Le lendemain à midi, une des personnes visées étaient toujours en garde-à-vue. Lors de la perquisition de son domicile, des cartes mémoire, ordinateur, téléphones portables et vêtements ont été emmenés pour expertises.

Selon les flics, le matériel saisi lors de la perquisition pourrait les aider à prouver sa participation à d’éventuelles attaques réalisées/en préparation dans le cadre du contre-sommet du G20.

L’autre personne perquisitionnée a été libérée le soir-même (samedi 1er juillet). Quelques jours avant ces deux perquisitions simultanées, il y aurait eu des filatures policières dans le secteur.

Le dimanche 2 juillet, le compagnon a été présenté à un juge qui a décidé son placement en détention au moins jusqu’au 10 juillet, soit deux jours après la fin du sommet du G20. On ne connaît pas précisément les motifs précis de sa détention provisoire.

La police de Hambourg a annoncé via un communiqué de presse avoir ouvert une enquête pour « formation d’une association de malfaiteurs ». Celle-ci entre dans le cadre du Paragraf 129, donnant la possibilité aux flics d’avoir accès à un large panel d’outils pour leurs enquêtes (écoutes téléphoniques, perquisitions, etc…).

[Résumé de l’allemand de linksunten indymedia, 2. Juli 2017]

[Repris de Sans Attendre Demain.]