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À propos d’une keufmobile qui brûle, de répression, et de solidarité

dimanche 9 juillet 2017

À la rentrée prochaine, 9 personnes passeront en procès, accusées de l’attaque d’une voiture de flics quai de Valmy à Paris le 18 mai 2016. Trois attendent toujours en taule, pour certaines depuis plus d’un an, tandis que cinq autres sont sous contrôle judiciaire et qu’une est encore recherchée. Ce jour là, en plein mouvement contre la « loi travail », des policiers se sont rassemblés place de la République pour geindre contre la « haine anti­ flics ». Une vrai provocation après deux mois de manifestations réprimées à coup de lacrymos, de grenades, de matraque, d’arrestations.


Une contre­-manifestation est appelée, interdite, et s’élance en sauvage, croisant sur son passage une voiture sérigraphiée avec deux flics à son bord, qui est attaquée puis brûlée.
On est beaucoup à qui ça a donné de l’air. Comme ça donne de l’air quand ça pète à Beaumont suite à l’assassinat d’Adama Traoré, ou à Aulnay suite au viol de Théo, ou quand une voiture de police crame à son tour devant le comico du 19e le soir du meurtre de Shaoyo Liu. Comme ça donne de l’air chaque fois que sont renvoyées aux flics un peu de l’humiliation et des brutalités qu’ils infligent au quotidien.

La justice frappe souvent particulièrement fort quand ses larbins en bleu sont attaqués. C’est que justice et police sont toutes deux au service de l’État et des puissant.e.s de ce monde, pour perpétuer l’ordre des choses basé sur l’exploitation, le racisme, le sexisme, l’homophobie, … et qu’il ne faudrait pas qu’on ait l’impression de pouvoir changer les choses. Alors il faut mettre sous contrôle par la menace de la prison ceux et celles qui, par choix ou par nécessité, sortent des chemins balisés du travail, de la consommation, de la soumission au pouvoir.

Pour ça les moyens à disposition sont toujours plus nombreux. Que ce soit l’annonce de la construction de dizaines de nouvelles prisons pour enfermer toujours plus, la légalisation à venir de l’état d’urgence permanent, ou encore la nouvelle loi sur la légitime défense des flics. Tout ça à coup de « c’est pour votre sécurité », dans l’acceptation générale, ou presque. Si la machine répressive tourne si bien, c’est aussi parce que de nombreuses entreprises et associations se font de l’argent sur l’abattoir qu’on appelle justice et sur la prolifération des prisons. Il y a les quelques multinationales dont la réputation n’est plus à faire : par exemple Vinci, Eiffage, Bouygues qui construisent des prisons, Gepsa (filiale de Cofely) qui s’occupe de la gestion et de la maintenance une fois qu’elles sont construites. Il y a aussi beaucoup d’autres intervenant.e.s, plus discret.e.s, qu’on trouve pourtant au coin de la rue. Les architectes qui s’amusent à dessiner des cages et autres expert.e.s en tout genre qui apportent leur pierre à l’édifice carcéral, les travailleurs sociaux et les psychiatres qui nous analysent pour le compte des juges, les entreprises qui nous exploitent à notre sortie de prison sous couvert de réinsertion, …

La liste est loin d’être exhaustive, juste un petit aperçu de la diversité des maillons de la chaîne du contrôle et de l’enfermement. Des maillons souvent moins bien protégés que les tribunaux et les prisons, nous laissant l’opportunité de nous attaquer ici et maintenant à ces logiques sécuritaires qui nous foutent la gerbe.

Car si la répression vise à instaurer la peur pour casser les liens de solidarité, à nous de ne pas nous laisser museler. Exprimons notre solidarité avec celles et ceux qui subissent la répression pour des actes de révolte qu’on partage. opposons nous au flicage de nos vies et aux diverses mesures qui visent à le rendre total et permanent.

Liberté pour les inculpé-e-s de la voiture de flics brûlée le 18 mai 2016 !

Liberté pour tou-te-s

[Tract distribué lors d’une balade dominicale contre les prisons.]