Ce matin du 15 mai à 6h, une équipe de quatre flics de la BRDP (Brigade de Répression de la Délinquance à la Personne) a effectué une perquisition chez Dan, un compagnon habitant à Belleville. Cette perquisition fait suite à de nombreuses tentatives restées sans réponses : courriers simples, lettres avec recommandé, coups de téléphone, convocation de proches...(Voir le texte « Nouveau coup de pression suite à un tract »).
Nous sommes allés exprimer notre solidartié avec les six camarades poursuivis pour association de malfaiteurs à visée terroriste au tribunal de grande instance de Paris.
Il souffle un vent mauvais, inutile de se le cacher. Tellement mauvais que même parmi les belles âmes de la gauche serpente une certaine inquiétude. On dénonce avec toujours plus de véhémence l’instauration d’un “régime” fasciste de la part du gouvernement actuel. C’est vrai qu’à droite ils n’ont jamais oublié leur penchant traditionnel pour l’huile de ricin et la matraque. Mais reste le fait que répressions, censure et interdictions forment le pain quotidien que nous administrent tous les gouvernements, quels qu’ils soient. En réalité, au-delà de la faction politique momentanément chargée de l’administrer, c’est ce monde à sens unique qui exige une vie à sens unique, fait d’une pensée à sens unique et d’un comportement à sens unique... dans une authentique cohérence de l’abjection. Jusqu’à la mise au ban de toute critique, de tout désaccord, de toute opposition, qui là où ils s’expriment sont ponctuellement isolés, circonscrits, calomniés, étouffés, enfermés.
Par D.A.F. de Sade (1787)
12 mai
Par Bernard Lazare (1896)
10 maiSi, certes ! Vous avez encore de vieilles forteresses, l’armée, la magistrature, l’administration, mais tout cela s’effondre si vite à certaines heures ; vous avez des machines qui ont l’air de marcher et elles s’arrêteront cependant toutes seules. Le jour où le travailleur cessera de se battre avec des boulettes de papier, le jour où il cessera d’envoyer dans les Parlements des amuseurs et des temporisateurs, le jour où il dira à ceux-là mêmes qui ont la prétention de le représenter : tout ou rien, ce jour-là vous serez en danger.
Par Enzo Martucci (novembre 1946)
9 maiCes idées-là, Renzo Novatore et moi-même, nous les soutenions en 1920, dans la revue l’Iconoclasta, contre les pontifes solennels de l’ordre actuel, christiano-bourgeois, et contre les prophètes inspirés de l’ordre futur présenté sous l’aspect d’un Léviathan où le troupeau organisé et ses graves santons étouffent l’individu au nom de la collectivité. Les prophètes rouges et noirs nous abreuvèrent d’injures. Les pontifes bourgeois nous « retirèrent » de la circulation. Je fus envoyé au bagne. Abele Rizzieri Ferrari, qui signait ses écrits du pseudonyme de Renzo Novatore fut tué au cours d’une rencontre avec les sbires gouvernementaux. Avec lui disparut un artiste génial, un jeune et grand rebelle — un indompté ayant fait sienne la devise remis non velis. Superbe, retentissant, éblouissant, telle une cascade s’incendiant sous le fol embrassement du soleil ; sa poésie — riche d’images et de sentiments, de couleur. et de passion — exprimait les besoins de sa nature volcanique, sa soif de sensations violentes, de folies orgiaques, de sublimations spirituelles, son appétit de vie et intense. « Je suis un poète étrange et maudit — écrivait-il — tout ce qui est anormal et pervers exerce sur moi une fascination morbide. Mon esprit, papillon vénéneux aux apparences divines, est attiré par le parfum criminel qu’exhalent les fleurs du mal… »
À celles qui en ont ras-le-cul de se faire emmerder, harceler, de jour, de nuit, au travail, dans la rue ou par "leur" mec. À celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus. À celles qui ne se satisfont pas de l’univers cloisonnant du couple. À celles pour qui les relations sexuelles ne sont ni obligatoires ni sacrées. A celles qui décident de se contrefoutre des normes de beauté. Aux "garçons manqués". À celles qui se battent contre les médecins pour être avortées et/ou stérilisées. À celles qui ne se laissent pas imposer fringues, horaires et mode de vie. À celles qui aiment regarder les étoiles. À celles qui refusent d’ être réductibles à ce qu’elles ont subi. À celles qui sont contre toutes les prisons. À celles qui s’organisent pour riposter aux agressions en dehors de la médiation de l’État. À toutes celles qui se croyaient fragiles et se surprennent régulièrement de leur force. A celles qui ne laissent à personne, homme ou femme, la possibilité de parler en leur nom (parti, syndicat, association).
Très souvent, on a tendance à ne prêter attention qu’à ce qui est matériel, mesurable en quantité. Ainsi, on serait amené à considérer la misère qui règne dans cette société uniquement sous un angle de pauvreté matérielle, autrement dit, le manque de fric. Mais le capitalisme ne nous enlève pas uniquement les moyens matériels pour vivre comme bon nous semble. Il ne nous oblige pas uniquement à aller travailler ou à s’agenouiller devant les institutions de bienfaisance sociale. Il ne nous impose pas uniquement de survivre dans un milieu contaminé par l’industrie, intoxiqué par sa production d’objets inutiles et nuisibles, irradié par son formidable outil nucléaire qui rend tout le monde dépendant de l’Etat et de ses spécialistes au vu des risques et des catastrophes qu’il implique. Non, ce n’est pas seulement ça.
Affrontements au conseil général du Parti libéral (+ photos et vidéos)
7 maiLes salauds de la SQ lançaient des grenades assourdissantes à profusion, tiraient des bombes lacrymos sur les gens à bout portant et visaient la tête des manifestant-e-s avec des tirs de balles de caoutchouc. Les flics se sont fait lancer des pierres, des morceaux d’asphalte, des feux d’artifice, des bombes de peinture et selon eux, quelques boules de billard aussi. Des véhicules de la SQ ont été vandalisés avec des graffitis et des pierres et plusieurs fenêtres du Centre des congrès ont été fracassés faisant en sorte que le gigantesque smog de gaz lacrymogènes se faisaient sentir jusqu’à l’intérieur. Lorsqu’un flic s’est mis à brutaliser une personne qu’il était en train de mettre en arrestation, il s’est fait donner une raclé par des cagoulé-e-s, réussissant à libérer le/la camarade alors qu’un SUV de la SQ fonçait sur elles/eux et qu’un flic leur tiraient des bombes lacrymos à-bout-portant.
P.Georgiadis et V.Chrisohoidis sont accusés du kidnapping de Milonas (ex-président des industriels grecs) et sont jugés à Thessalonique le 24 avril 2012. Une manifestation à moto en solidarité comptant environ 50 moto est passée devant le siège de la SEB (association des entreprises et industries grecques) et s’est finie dans le parc Exarhia.
Par Léonard (1902)
5 maiUn long rugissement éclate à ma parole...
Et quoi ! le peuple enfin comprendrait-il son rôle ?
O serf des temps passés ! ô plat valet d’hier !
Serais-tu devenu tout d’un coup digne et fier ?
Aurais-tu donc compris, pauvre bête de somme,
Que tout homme ici-bas est l’égal d’un autre homme ;
Qu’il n’est ni titre ni rang dans la société
Qui change le niveau de notre humanité ?
Ah ! s’il en est ainsi, je te crierai : courage !
Tu n’as plus qu’à vouloir pour briser ton servage...
Le Vieux Monde s’effondre et craque de partout,
La tempête mugit de l’un à l’autre bout !
Devant tes oppresseurs que ton front se redresse ;
Rachète dans un jour des siècles de bassesse :
Sois véritablement le peuple souverain,
Et, soumis aujourd’hui, sois ton maître demain !
Les reconnaissez-vous ces visages souriants qui recouvrent les murs ? Ils sont dans toutes les têtes. On pourrait croire qu’ils veulent nous vendre de la lessive ou la dernière merde industrielle. En fait, ils veulent être nos représentants. Ils veulent capter nos aspirations, nos désirs, nos luttes pour les enfermer dans les cages de la loi, pour les noyer dans les sables mouvants de la démocratie. Ils veulent être élus, ils veulent être chefs.
A l’heure ou des camarades sont en passe d’être jugés par l’ennemi sous juridiction antiterroriste à Paris, il est intéressant de remarquer que les cinq compagnons danois dont nous avions déjà parlé ici, passent eux aussi en procès sous cette même juridiction et à seulement quelques jours prés. Voici donc traduits de l’anglais ci-dessous le communiqué à propos de l’affaire en question ainsi que la liste des attaques qui leurs sont reprochées.
Les inquiétudes présidentielles auront fait sortir dans les rues de Tours plusieurs milliers de personnes en ce jour de « fête du travail ». Rares pourtant sont ceux et celles au quotidien qui considèrent leur travail comme une fête. Le travail rime plus avec « défilé », et au pas (de charge) « s’il vous plaît », ou pas. La chair à patron, ça doit filer droit !
Nous occupons les bâtiments vides. Nous basons nos vies sur l’égalité et la solidarité. Les principes de l’auto-organisation s’enracinent et ainsi s’enracinent aussi nos projectualités révolutionnaires, jusqu’à ébranler les fondations de toutes les formes de domination.
Dans ce renforcement somme toute récent du culte populaire du travail, de nombreuses charognes politiques ont une bonne part de responsabilité, syndicats, partis et organisations dites « radicales » en tête.
Car l’ouvriérisme n’est pas pour rien dans la démocratisation de ce culte : les batailles pour le droit au travail (ça résonne comme un échos à la vieille rengaine « Mais il y a des gens qui sont morts pour que tu aies le droit de vote !! ») ont commencé avec la constitution de ce qui s’appelle encore aujourd’hui le Mouvement Social, lui-même ayant pris part à l’enterrement des mouvements insurrectionnels caractérisés par le cassage en règle de machines et d’usines. Aussi, après la "mort" de l’exploité révolté, surgit une autre « figure », avec la bonne imagerie du prolo musclé, qui sue courbé sur sa machine, plein de ténacité face à l’adversité et la douleur, les parades d’ouvriers pour le premier mai avec force banderoles « sauvez nos emplois et nos salaires », « sauvez notre profession », « l’industrie automobile doit survivre », ou encore « pour la défense de la métallurgie en Lorraine », « 3000 euros par mois dès maintenant c’est possible ! » et autres hymnes bien puants incitant à être fier de sa condition. Une imagerie où la faucille ne sert plus à égorger le contre-maître, ni le marteau à défoncer le métier à tisser, mais à représenter le travail dans toute sa splendeur.
Joseph Déjacque (24 Décembre 1859)
1er mai
En mars un graffeur se fait interpeller par la police nationale dans Grenoble avec des sprays de couleur ayant potentiellement servi à décorer cette ville que les services d’urbanisme et de propreté s’évertuent à rendre toujours plus fade et proprette. Convoqué le lendemain, il ne s’y rend pas. On ne va pas commencer à courir chez les flics dès qu’ils nous sifflent. Une semaine plus tard il est convoqué, par lettre à son domicile, avec la menace de venir le chercher s’il ne se rend pas à l’hôtel de police au rendez-vous donné. Là-bas les policiers conciliants le chargent d’un simple rappel à la loi, (en gros revenir devant les flics pour entendre les lois qui pourraient être contre lui, mais qui restent sans application, comme un coup de semonce, « refais plus ça sinon ça va chauffer pour tes ouilles »). L’histoire aurait pu s’arrêter là, le brigand ayant retenu la leçon, mais une semaine plus tard un officier de police l’appelle sur son téléphone personnel l’invitant à un nouveau rendez-vous cette fois juste pour discuter entre gens de bonne convenance... (des fois laisser son téléphone-mouchard-gps à la maison peu être salutaire). Sentant comme un ton de menace et avec l’envie de ne pas aggraver son cas il s’y rend, c’est lui qui choisi l’heure.
par Rudolf Rocker
28 avrilLa vieille opinion qui attribue la création de l’État nationaliste à l’éveil de la conscience nationale du peuple n’est qu’un conte de fées, très utile aux protagonistes de l’idée de l’État national, mais néanmoins faux.
Par Pierre Kropotkine (1914)
26 avrilDans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des Etats, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui.
Tu n’as pas de Trouble de la Personnalité…
24 avrilTes conseillers, profs, parents, docteurs, et autres policiers te disent que tu as une mauvaise personnalité et que tu ne fonctionnes pas correctement. Nous pensons qu’ils ont tort et que ce sont eux et le système mondial qui ne fonctionnent pas correctement.
Nous sommes contre la prison parce qu’elle est née et s’est développée pour défendre les privilèges des riches et le pouvoir.
Par Albert Libertad (19 avril 1906)
22 avrilIci même, j’ai croqué à grands traits le bétail syndical, le bétail patriotique, le bétail des jaunes, le bétail des honnêtes, il faut aujourd’hui que je dépeigne le plus important des bétails, le plus fort par la bêtise, le bétail électoral.
Nous nous plaisons à nous envisager tels des hommes et des femmes libres, entier/es et indivisibles, que l’on ne peut couper en petits bouts pour ranger dans les tiroirs institutionnels de l’Etat ou les tiroirs caisses des patrons et autres propriétaires. Mais il n’est pas difficile de se rendre compte que tout cela n’est qu’une illusion de plus. Le fait est que nous ne parvenons pas à nous appartenir à nous mêmes. Nous sommes possédés par des maîtres, à coup de fric et de temps. Notre temps est morcelé en petits bouts au loisir des politiciens, des publicitaires, des flics, des juges, des « aides » sociales, des patrons, de la médecine, des communautés et des familles. Tous s’allient à un moment ou un autre, de façon consciente ou non, pour nous diviser, nous monter les uns contre les autres, nous représenter de force, nous dépouiller, nous enrégimenter, nous analyser, nous menacer, nous acheter et nous vendre, ou plus basiquement, nous matraquer.